Compte rendu BOL d’OR 2010

par Philippe Forgerie, Team Manager

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LUNDI:

Arrivée de la première partie de l’équipe, l’intendance. « La guerre se perd par manque d’intendance » disait  Napoléon. Trois camionnettes, cinq frigidaires, 1 congélateur, une grande tente digne des teams d’usine. C’est parti. La mise en place de la tente se fait au millimètre – eh oui nous sommes en championnat du monde – et nous empiétons un petit peu juste sur l’emplacement d’à coté, à peine 1 mètre. Nos voisins d’en face : le SERT . Même pas peur.

 

MARDI :

Journée sans essais. L’équipe se construit petit à petit. Arrivée dans la journée des pilotes, Christophe l’expérimenté, David le roadster pilote et Marc le fast toubib. L’équipe technique arrive aussi avec les motos fraîchement préparées.

Point important, nous allons partager le stand avec une équipe du jura MOTO39 qui est aussi notre voisin dans le paddock. Premier contact très positif, ils font leur cinquième épreuve de 24h et sont très bien organisés. Super pour le partage du stand, nous leur laissons le soin de monter leur structure de lumière devant le stand. La moto est verte, la notre bleue, très bien pour la nuit on évitera de les confondre.

 

 

MERCREDI :

Début de la première journée du bol.

Contrôle technique et administratif. Nous sommes heureux, les motos préparées par Lionel, Jean Luc, Jean Marc passent le contrôle technique  sans problème. Bravo pour les phares, jean Paul eh non-Jean Luc.  Félicitations du jury du contrôle, les pilotes passent leur équipement. David a sorti une combinaison flambant neuve et un casque qui dormait dans un carton depuis deux ans !

Mercredi après midi, première séance d’essais libre sous la pluie. Les pneus MICHELIN donnent satisfaction aux pilotes. Nous profitons de cette séance pour vérifier le fonctionnement de la moto surtout après le remontage complet du moteur durant le week-end.

Nos collègues du stand ont du travail, un pilote leur ramène la moto « chiffon ».

Fin de la journée avec le briefing des pilotes pour les consignes de la course (sécurité, départ…)

Bilan le soir, tout va bien nous nous préparons pour la journée du jeudi qui s’annonce chargée.

 

JEUDI :

Planning tendu : essais libres- essais chrono- essais de nuit de 12h à 22h15.

Le matin, briefing des team managers. Je suis derrière Méliand (team manager du SERT) et rappel des règles assez nombreuses de la course d’endurance. Attention, si on rate le drapeau noir 5 fois, l’équipage est en course. Si le stand est vide 30 minutes, cela signifie le hors course. Donc attention à ne pas allez manger tous ensemble au même moment……

12h : le bol c’est parti. Nos pilotes surtout les deux novices découvrent le niveau mondial.

Réglage de suspensions durant la séance libre. Christophe guide le réglage et tout semble ok pour les pilotes. Les pneus MICHELIN en slick continue de donner satisfaction.

Début des essais chronos.

David revient de la séance tout excité. Il a partagé la piste avec les meilleurs pilotes et cela va vite, très vite même. Marc enchaine sa séance puis c’est au tour de Christophe. Francky, notre pilote remplaçant fait lui aussi sa séance.

Bilan de la première séance d’essais, tous les pilotes ont réalisé le niveau de 115% des trois meilleurs temps de leur séance et sont donc qualifiés. Au total de la séance, nous sommes 63ème temps.

Essais de nuit : Alors là, on va voir ce que donnent les phares. Première vraie ambiance d’une course d’endurance de 24 heures. L’ambiance de la nuit donne le ton des 24 heures. Le passage des motos seulement visible au dernier moment, la reconnaissance de la moto au bruit, la peur de rater la moto pour les chronométreurs. Les pilotes découvrant la nuit sont satisfaits faisant quasiment les mêmes chronos que le jour. Seul point noir, notre pilote de réserve, Francky, part pour quelques tours de nuit, et chute malheureusement sur une trace d’huile. Il tombe sur la tête et se casse la main. Francky est emmené à l’hôpital pour un contrôle.

L’équipe technique contrôle la moto qui a eu moins de mal que son pilote et nous finissons la journée à une heure du matin.

Surprise : A deux heures du matin, Francky revient dans le paddock en tenue légère. Les nouvelles sont bonnes mais quelle surprise!  J’ai cru réver en le voyant débarquer dans le camping car de DOUDOU .

A propos du camping car,  nous sommes quatre à le partager et dans ce petit espace se croisent le tamarasset-agadir, la cannonière du Yang tsé, et le petit train d’Annonay. Pour ma part, je ne me suis jamais entendu….

 

VENDREDI :

Le matin, seconde séance d’essais chronométrés.

Et c’est reparti pour trois fois 30 minutes. Nos pilotes continuent leur apprentissage du haut niveau. Christophe teste un train de pneus qualification pour faire claquer un temps et établit le meilleur réalisé par notre moto ce week-end.

Au final nous sommes 62 ème sur la grille des essais.

Point du règlement important : il s’agit d’une l’épreuve d’endurance superbike (EWC) complétée par un plateau de superstock (SST). Nous nous sommes engagés en catégorie EWC et voilà pourquoi nous sommes qualifiés pour la course malgré un classement en fond de grille aux essais. Voilà , pas de repêchage ou de sauvetage , juste l’application du règlement.

Vendredi après midi, la grille de départ est éditée et nous partirons en fond de grille.

Débutant dans cette compétition, nous n’avons pas préparé la visite des stands du vendredi soir. Présentation de la moto, hotesse, notre team 39 nous prête une table et notre moto rejoint la ligne des stands. Le prochain coup, nous serons prêts.

Le public commence à venir et la nuit se passe avec le bruit des « fous »…

Bilan : nous sommes qualifiés, la moto marche bien et pas de casse de matériel.

 

SAMEDI :

Warm up à 10h. : tout se passe bien, mais la pression monte petit à petit sur la grille.

Course : départ 15h :

Aie, erreur du team manager qui se déconcentre avec FR3 et oublies de suivre le panneau de l’entrée en piste. David part à l’arrache pour le tour de formation en passant sous le panneau 10 secondes sinon c’était un stop and go dès le départ ! Mea culpa, comme toute l’équipe tout se joue sur notre concentration.

Puis c’est le départ de la course.

Grand moment pour David qui vit son premier bol et son premier départ.

Que dire pendant la course sinon que nous prenons notre rythme.

Premiers émois lors des deux premiers relais où la moto a des ratés ; Le mal est identifié lors du deuxième relais de Marc avec le changement du réservoir ; Heureusement que nous avons le réservoir de secours – réparé après la chute du jeudi soir. Après démontage, il s’avére que la pompe de notre moto était encrassée.

Après ce changement, les relais s’enchaînent les uns après les autres….Nous ne sommes pas les plus raides au stand ni les plus rapides en piste mais nous tournons régulièrement. Résultat nous progressons au fil des évènements de la course . 45 , 41 ….

 

Premier objectif atteindre les 6 heures de course, ok fait à 21 heures.

La nuit commence et c’est magique. La fatigue se fait sentir dans l’équipe technique vers les 2 heures du matin. Mais au fil de la course, le rythme des relais s’installe ;

Ravitaillement puis départ du pilote

Réaction du pilote

Remplissage du derrick

Préparation du prochain relais (heure, les actions à faire, la gestion des pneus)

 A partir du 24ème tour, l’équipe se prépare à la rentrée du pilote qui intervient lorsque la lumière de la réserve s’allume (entre le 27 et 30 ème tour)…..et c’est reparti.

Lors de la course, les pace car sont les faits de course les plus stressant. Dès leur mise en place, il faut vérifier que notre moto est bien en piste.

Peu de fois, les chronométreurs ont raté le pilote, merci à tous d’avoir rempli ce rôle. Attendre de voir passer la moto est difficile.

Second objectif : voir le petit jour. Christophe finit le relais juste au moment où la nuit finit. David fait le relais du petit matin. Il faut redoubler d’attention, nous sommes encore à plus de 6 heures de l’arrivée.

La matinée se passe vien, il fait beau et le soleil nous redonne de l’énergie. Mais avec le soleil, la moto commence à chauffer ! aie ! C’est le défaut de base de cette moto et nous voulons rallier l’arrivée. Nous décidons de prendre le temps de refaire le niveau d’eau pour assurer. On le fera deux fois dont une fois sous pace car ce qui nous coutera environ 8 tours mais qui assure le bon fonctionnement de notre R1.

 

DIMANCHE MIDI : encore trois heures de course !

Cela semble proche et loin à la fois. J’ai du regarder ma montre à chaque tour. Les tours s’enchaînent et jusqu’à la fin nous sommes tendus. Même un commissaire nous impose de rajouter un bac récupérateur pour le réservoir – pourtant nous étions passés au contrôle-. Là aussi, nous sacrifions 2 tours pour fixer un bidon et éviter un déclassement pour cause technique après la course. Ce serait trop bête.

14h59 :

Marc passe le dernier tour devant les stands et toute l’équipe est au muret pour voir passer la moto. Voilà Marc passe et c’est l’effusion de joie. La pression tombe et l’émotion est très très forte. Les mots ne pourront traduire les sentiments que chacun a vécu à ce moment là. Chacun y a mis son énergie, sa passion pour un projet ; Nous n’étions pas les plus rapides, les plus vites mais sans concessions parmi les plus généreux. Cerise sur le gâteau, notre team de box passe lui aussi la ligne d’arrivée. Nous sommes le seul box où tout le monde termine.

PS : Marc a chuté dans le dernier tour ! S’il n’avait pas relevé la moto et passé la ligne d’arrivée nous n’aurions pas été classé. Lorsqu’il glissait sur ses fesses à Adélaïde , il pensait à l’équipe qui l’attendait sur la ligne. Est cela qui lui a donné l’énergie ? Sans aucun doute.

Nous finissons 31ème de ce Bol d’OR mais est là le principal ?

I have a dream avait dit Martin

We have a dream team dixit Philippe 12 septembre 2010.

Un GRAND MERCI à tous les amis et nos partenaires qui nous ont permis de réaliser ce fabuleux projet du Bol d'Or

....Et qui sait A BIENTÔT PEUT- ÊTRE....

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